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Jeudi 15 décembre 4 15 /12 /Déc 08:59
Suite du chapitre 3 : Les sources de financement des investissements
 
C : les différentes sources de financement
 
Les sources de financement à long terme sont au nombre de cinq
-                     les augmentations de capital par apport en numéraire ou en nature
-                     les emprunts
-                     la capacité d’autofinancement de l’exercice
-                     les subventions d’investissement
-                     les comptes créditeurs associés
-                     le crédit bail
 
 
L’augmentation de capital
-                     l’augmentation de capital n’implique, contrairement à l’emprunt aucune charge financière ultérieure. Toutefois, cette augmentation génère un effet de dilution les dividendes seront répartis sur un nombre plus grand d’actions.
 
-                     L’augmentation de capital permet d’améliorer le ratio d’indépendance financière capitaux propres/ dettes à long terme et d’accroître le montant des emprunts 
 
-                     L’augmentation de capital peut être par apport en numéraire, ou apport en nature quand la contrepartie de l’augmentation de capital est représentée par des actifs (immobilisations, stocks, créances…) 
 
Les emprunts
L’emprunt se traduit par le paiement des intérêts et le remboursement du montant emprunté.
Le remboursement du montant emprunté peut être fait en une seule fois au terme du contrat, ou plusieurs fois par amortissements remboursés en général chaque année.
Le remboursement peut être fait selon deux modalités : amortissement constant ou annuités constantes.
L’amortissement constant : exemple
Soit un emprunt d’un montant de 120 000 au taux de 10% sur 3 ans à amortissement constant.
Le tableau de remboursement se présente ainsi :
Année  
Capital dû
Remboursement
Intérêts
Annuité
1
120 000
40 000
12 000
52 000
2
80 000
40 000
8 000
48 000
3
40 000
40 000
4 000
44 000
 
Annuités constantes : exemple
 
Soit un emprunt E de 120 000 au taux de 10% remboursable sur 3 ans par annuités constantes.
L’annuité constante (a) est égale :
E x i/1- (1 + i)-n
 
La  valeur de i/1- (1 + i)-n est donnée par la table financière : valeur des annuités constantes qui amortissent en n périodes un capital de un franc).
120 000 x 0,10 /  1- (1,1)-3 = 120 000 x 0,402 115 = 48 253,8 soit 48 254
Le tableau de remboursement  de cet emprunt se présente ainsi :
Année 
Capital dû
Remboursement
Intérêts (FF)
Annuité
1
120 000
36254
12 000
48 254
2
83 746
39879
8 375
48 254
3
43867
43 867
4 387
48 254
 
-                     l’annuité est égale au remboursement du principal plus les intérêts
-                     les intérêts sont calculés sur le capital restant dû
-                     le remboursement du principal est égal à la différence entre les intérêts et l’annuité
-                     le capital restant dû à l’année n est égal à la différence entre le capital restant dû à l’année n-1 et le remboursement correspondant.
 
L’entreprise doit utiliser l’emprunt pour générer une augmentation du résultat d’exploitation qui couvrira la charge financière et le montant de l’emprunt à rembourser.
 
La capacité d’autofinancement
En appliquant une politique de rétention des bénéfices, La CAF permet de financer des investissements sans le recours à l’augmentation de capital ou à des emprunts. Cette politique implique une absence de distribution de dividendes qui, par la suite, n’incitera pas les actionnaires à souscrire à une augmentation de capital.
 
Les subventions d’investissement
Les subventions d’investissement sont les aides accordées par l’Etat pour permettre aux entreprises de réaliser des programmes d’investissement. Elles sont classées au compte (1311 au passif) puis rapportées au résultat (débit 1319, crédit 7577) au même rythme que l’amortissement de l’immobilisation qu’elles ont servie à financer.
Il ne faut pas les confondre avec les subventions d’exploitation qui, elles, sont intégrées en produit du compte dès leur obtention (débit d’un compte de trésorerie crédit compte 7161)
 
Comptes courants des associés créditeurs
Les CCA ou actionnaires constituent une source de financement particulièrement courante dans les petites et moyennes entreprises et dans les entreprises à caractère familial.
Le CCAC 4463 enregistre à son crédit le montant des fonds mis ou laissés temporairement par les associés à la disposition de l’entreprise.
 
Le crédit-bail
L’utilisation d’un bien en crédit-bail se traduit chez l’utilisateur par un loyer inscrit en charges d’exploitation (compte n° 6132 redevances de crédit-bail). Ce n’est qu’en fin de contrat que le loyer cesse, que l’utilisateur devient propriétaire du bien, et qu’il le porte en immobilisation pour sa valeur résiduelle.
Le crédit-bail permet à l’entreprise d’utiliser un bien (mobilier ou immobilier) en payant seulement des loyers, donc sans avoir à débourser la somme correspondant au coût d’acquisition du bien. En revanche, un crédit-bail est d’un coût total plus élevé que celui de l’emprunt.
 

D/ Les contraintes à respecter pour le financement:
 
Il existe des  contraintes à respecter pour le financement telles que sont :
-                     La règle de l’équilibre financier minimum:
 
Les emplois stables doivent être financés par les ressources stables
 
-                     La règle de l’endettement maximum (ou de l’autonomie financière) :
 
Le montant des dettes financières (hors concours bancaire courants) ne doit pas excéder le montant des fonds propres capitaux propres/dettes financières > 1
 
-                     La règle de la capacité de remboursement :
 
Le montant des dettes financières ne doit pas représenter plus de 3 à 4 fois la CAF annuelle moyenne prévue : dettes financières/CAF < 3 ou 4
 
-                     La charge annuelle de remboursement du capital emprunté :
 
Doit être limitée au plus à la moitié de la CAF
 
-                     La règle du minimum de financement :
 
L’entreprise doit autofinancer une partie des investissements pour lesquels elle sollicite des emprunts
 
E/ Les critères de choix d’une source de financement :
 
-                     la rentabilité financière 
-                     le coût
-                     les décaissements réels
-                     excédents des flux de liquidité
 
La rentabilité financière 
L’entreprise fixe comme objectif la maximisation du bénéfice par action et choisit sur la base de ce critère, une source de financement.
La maximisation du bénéfice par action revient à maximiser la rentabilité financière, exprimée par le rapport Résultat net / Capitaux propres
Cette rentabilité est fonction de la structure des ressources durables, c’est-à-dire de la proportion qui existe entre les dettes financières et les capitaux propres (voir effet de levier).
 
 
Le coût
Pour déterminer le coût d’une source de financement, il faut comparer le capital mis à la disposition de l’entreprise et l’ensemble des sommes qu’elle doit verser en contrepartie en prenant en considération les économies d’impôt pouvant être réalisées.
Le raisonnement doit se faire sur les décaissements réels, c’est-à-dire que l’on prend en compte les économies d’impôt liées à la source de financement considérée.
Le choix portera sur la source de financement qui présente des décaissements réels les plus faibles.
La comparaison des décaissements nécessite leur actualisation.
Le taux d’actualisation peut être  le coût du capital ou le taux de rentabilité exigé par les actionnaires. A défaut de ce coût on peut prendre comme référence le taux pratiqué sur le marché financier.
 
Exemples :
Pour financer un investissement de 100, amortissable linéairement sur 4 ans, une entreprise a le choix entre deux modalités de financement:
1-                 un autofinancement de 20 + un emprunt d’un montant de 80 au taux d’intérêt de 10% remboursable en 4 ans par amortissement constant
2-                 un crédit-bail sur 4 ans avec un loyer annuel constant de 32
Le taux d’actualisation est de 6%. Le taux  de l’IS est de 40%
Déterminez la meilleure solution de financement
 
Calcul des décaissements relatifs au premier mode de financement :
 
Dans le cas du premier mode de financement, l’entreprise sera propriétaire de l’investissement et pourra l’amortir.
Elle réalisera des économies d’impôt sur les amortissements comptables et sur les intérêts des emprunts d’où le tableau de calcul suivant :
 
Années
0
1
2
3
4
Autofinancement
20
 
 
 
 
Capital restant dû
 
80
60
40
20
Intérêts
 
8
6
4
2
Amortissement de l’emprunt
 
20
20
20
20
Annuité
 
28
26
24
22
Economie d’impôt sur les intérêts
 
3,2
2,4
1,6
0,8
Economie d’impôt sur A comptable
 
10
10
10
10
Décaissements réels
 
14,8
13,6
12,4
11,2
Décaissements actualisés
20
14
12
10 ,4
9
Total des décaissements : 65,4
 
Calcul des décaissements relatifs au crédit bail
 
Années
1
2
3
4
Loyer
32
32
32
32
Economie d’impôt
12,8
12,8
12,8
12,8
Décaissement réel
19,2
19,2
19,2
19,2
Décaissements actualisés
18
17
16
15
Total des décaissements : 66
 
Note : Dans le où tous les décaissements du premier mode sont supérieurs ou inférieurs à tous les décaissements correspondant du deuxième mode de financement, l’actualisation est inutile.
 

Les excédents prévisionnels des flux de liquidités
 
On évalue ici les flux de liquidités supplémentaires que l’entreprise peut espérer en choisissant une source de financement.
 
Supposant que la marge sur coûts (a l’exception des amortissements, des frais financiers et des redevances du crédit-bail) sont de :
Années
1
2
3
4
Marge sur coûts
35
45
55
45
 
Le calcul des excédents des flux de liquidités:
 
Années
1
2
3
4
Marge sur coûts
35
45
55
45
Intérêt de l’emprunt
8
6
4
2
Amortissement comptable
25
25
25
25
Résultat avant impôt
2
14
26
18
Impôt
0,8
5,4
11,2
7,2
Remboursement de l’emprunt
20
20
20
20
Flux de liquidité
6,2
13,4
19,8
15,8
Flux de liquidité actualisés
5,85
11,91
16,61
12,51
Total des flux de liquidité actualisés 46,88
On doit retrancher 20 relatifs à l’autofinancement : 46,88 – 20 = 26,88
 
Cas du crédit-bail
Années
1
2
3
4
Marge sur coûts
35
45
55
45
Loyer
32
32
32
32
Résultat avant impôt
3
13
23
13
Impôt
1,2
5,2
9,2
5,2
Flux de liquidité
1,8
7,8
13,8
7,8
Flux de liquidité actualisés
1,69
6,93
11,57
6,18
Total des flux de liquidité actualisés : 26,37
 
Conclusion : le financement par autofinancement + emprunt est préférable au crédit-bail.
Sauf exception, les critères de décaissements réels et des flux de liquidité sont concordants.
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Par abderrahim - Publié dans : gestionfi
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