Jeudi 8 novembre 2007
LA PLANIFICATION FINANCIERE A COURT TERME
 
CPC PREVISIONNEL
BILAN PREVISIONNEL
LE BUDGET DE TRESORERIE
LE TABLEAU DES FLUX
 
 
La planification financière à court terme consiste à prévoir et anticiper les mouvements de la trésorerie.
Elle permet à l’entreprise d’estimer dans quelle mesure elle devra faire face aux besoins de fonds ou en cas d’excédents, de réaliser des placements.
Elle essentielle pour l’optimisation de la gestion financière de l’entreprise
Cette prévision nécessite la connaissance de la nature, des montants et de la périodicité de tous les flux de trésorerie.
La période de prévision peut être l’année, le semestre, le trimestre ou le mois.
Elle se base sur l’établissement de budgets qui concernent les opérations d’exploitation et les opérations hors exploitation.
Bien que le budget de trésorerie constitue l’outil fondamental pour cette prévision, il ne faut pas la limiter aux seuls flux de liquidités.
La planification financière fait appel aussi aux autres états prévisionnels :
Le Bilan  prévisionnel, le CPC prévisionnel et le Tableau des flux.
 
Exemple chiffré
 
Au 31/12/2006, une entreprise présentait le bilan simplifié (en 1000 dh) suivant :
Bilan au 31/12/2006
 
Actif
Passif
Immobilisations
100 000
Capital et réserves
136 500
Stock de marchandises
40 000
Emprunts
30 000
Créances clients
48 000
Dettes fournisseurs
20 000
Trésorerie actif
2500
Trésorerie passif
4 000
TOTAL
190 500
TOTAL
190 500
 

q     Les ventes des mois de novembre et de décembre ont été de 60 000 chacun.

q     Les ventes prévues pour les quatre mois de l’année 2007 ont été les suivantes : 

 50 000 en janvier,  66 000 en février,  66 000 en mars et  80 000 en avril.

 - Les ventes s’effectuent à 40% au comptant, 40% à 30 jours, 20% à 60 jours.

 - Le coût de revient des achats représente 80% des ventes

- Les achats sont effectués au cours du mois qui précède les ventes. Ils sont payés au comptant pour 50% et à 30 jours pour le solde

- Les autres charges d’exploitations s’élèvent à 2 000 par mois et ils sont payés au comptant

- L’entreprise prévoit l’acquisition d’une immobilisation d’une valeur de 15 000 en mars

- Les immobilisations au bilan ont une durée de vie restante de 8 ans, un amortissement de 3125 correspondant au trimestre est à prévoir dans les charges prévisionnelles  

- Le taux d’intérêt sur l’emprunt est de 8% exigible à la fin de chaque trimestre le remboursement du capital s’élève 6 000 par an et il est payable ainsi que les intérêts par tranches trimestrielles égales en mars, juin, septembre et décembre.
- L’entreprise prévoit chaque mois une provision de 1000 pour couvrir les risques de réparation des marchandises vendues
Le compte client au bilan correspond aux ventes de novembre (20%) et aux ventes de décembre (60%)
-  Le compte fournisseur au bilan correspond aux achats du mois de décembre (50%).
CPC prévisionnel
Le Calcul de la variation des stocks
 
Stock initial……………..
40 000
(+) Achats……………….
169 600 =(212 000 x 0,8)
(-) Coût d’achat des marchandises vendues
145 600 =(182 000 x 0,8)
= Stock final………………
64 000
Variation de stock (SF – SI)
24 000
 
Ventes de marchandises
 
182 000
Achats de marchandises
169 600
 
(-) Variation de stocks
24 000
 
Achats revendus de marchandises
 
145 600
Charges d’exploitation
 
6000
Dotations aux amortissements
 
3125
Dotations aux provisions
 
1000
Résultat d’exploitation
 
26 275
Frais financiers
 
600
Résultat courant
 
25 675
Impôt sur les résultats (50%)
 
12 838
Résultat net
 
12 837
 
Le Budget des ventes
 
 
Total
J
F
M
BL Prévisionnel
CLIENT BL
48 000
36 000
12 000
-
 
VENTE J
50 000
20 000
20 000
10 000
 
VENTE F
66 000
-
26 400
26 400
13 200
VENTE M
66 000
-
-
26 000
39 600
T0TAL
230 000
56 000
58 400
62 800
52 800
 
Le Budget des achats
 
 
Total
J
F
M
BL Prévisionnel
Fournisseurs BL
20 000
20 000
 
 
 
ACHATS J
52 800
26 400
26 400
 
 
ACHATS F
52 800
 
26 400
26 400
 
ACHATS M
64 000
 
 
32 000
32 000
TOTAL
189 600
46 400
52 800
58 400
32 000
 
Le Budget des autres charges d’exploitation
 
 
J
F
M
ACE
2000
2000
2000
par abderrahim publié dans : gestionfi
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Mercredi 7 novembre 2007
Diagnostic du risque
 
- La rentabilité ne peut valablement s’apprécier qu’en fonction du risque supporté..
- Le risque accepté par les investisseurs est directement fonction de la rentabilité attendue.
- Les investisseurs exigent une rentabilité élevée pour des investissements risqués.
- Le contraire est tout à fait valable.
La notion d’équilibre financier étudiée à partir des informations comptables (Bilan, CPC, ESIG) reste incomplète. Elle n’a de sens que dans le cadre de référence que constitue le compromis rentabilité/risque.
 
Toute entreprise est confrontée à trois types de risque :
q     Le risque d’exploitation
q     Le risque financier
q     Le risque de faillite
 
Le diagnostic du risque d’exploitation et du risque financier repose sur les notions:
-d’Elasticité par rapport à l’activité et
-de position par rapport au seuil de rentabilité.
 
A/ Diagnostic du risque d’exploitation
 
1/ notion d’élasticité :
 
L’élasticité du résultat d’exploitation (RE) désigne:
Le degré de variation du RE par rapport à la variation de l’activité estimée par le chiffre d’affaires (CA).
Elle se mesure en rapportant la variation relative du RE (c’est-à-dire la variation du RE sur un exercice par rapport au RE de l’exercice précédent) à la variation relative du CA soit :
(Variation RE/RE)/(Variation CA/CA*)
(CA*= chiffre d’affaires avant variation)
 
Par exemple :
Une  élasticité de 4 signifie qu’une variation relative de 100% du CA entraîne une variation de 400% du RE.
 
2/ la notion du seuil de rentabilité :
 
Le seuil de rentabilité d’exploitation (SRE) se définit comme le niveau d’activité pour lequel le résultat d’exploitation est nul.
 
Le SRE s’obtient en divisant les charges fixes d’exploitation (notées CF) par A qui désigne le pourcentage des coûts variables (CV) 
Soit :
q     CF le montant des charges fixes, 
q     A le pourcentage de CV
Donc le montant des CV = A x CA
On a la relation suivante :
 
RE = CA – CV – CF= CA - A x CA – CF= CA ( 1 – A) – CF
 
Pour le niveau d’activité correspondant au SRE, le résultat d’exploitation est nul d’où on déduit que:
 
0 = SRE (1-A) – CF et en conséquence, SRE = CF/ (1-A)
 
Exemple :
q     CA= 100,
q     CV=60 (ou A=60% du CA),
q     (1-A) = 40%,
q     CF=250
SRE = 250/0.4 = 625
Donc : 625 – 0.6x625 – 250 = 0
 
3/ La relation entre l’élasticité et le SRE
 
L’élasticité et le seuil de rentabilité sont liés par la relation suivante :
 
Elasticité = CA/ (CA – SRE)
 
La relation s’obtient de la façon suivante :
Désignons par CA1 le CA de la période 1, et par CA2, le CA de la deuxième période
 
E= (Variation RE/RE)/(Variation CA2/CA1)
 
Variation RE/RE = [CA2 (1-A) – CF–(CA1(1-A) – CF)]/CA1(1-A) – CF
= [(1-A) (CA2– CA1)]/CA1(1-A) – CF
= [(1-A) Variation CA]/(1-A) CA– CF
En simplifiant par (1-A), on aura:
V RE/RE = Variation CA/(CA – SRE)
(puisque SRE = CF/1-A)
Elasticité = (Variation CA/ (CA – SRE))/ (Variation CA/CA)
= CA/(CA-SRE)
On déduit de cette relation trois conclusions importantes:
-         Plus le niveau d’activité d’une entreprise est proche du SRE, plus l’élasticité et le risque d’exploitation sont élevés
-         Plus le niveau des charges fixes est élevé, plus l’élasticité et le risque d’exploitation sont importants (Puisque SRE = CF/1-A)
-         l’élasticité et le risque d’exploitation dépendent du niveau des charges fixes et du pourcentage de marge sur coûts variables, car ces deux éléments déterminent simultanément le SRE.
 
4/ La position par rapport au SRE
 
La position par rapport au seuil de rentabilité est égale à :
(Niveau d’activité – SRE )/SRE
 
Exemple : Soit deux entreprises A et B dont les niveaux d’activité sont identiques mais dont les structures de charges diffèrent
 
Entreprise A, 60% de CV et 300 de CF
Entreprise B, 630 de CF et 30% de CV
Les rentabilités économiques sont identiques pour un niveau d’activité de 1100.
Evaluation du risque d’exploitation des deux entreprises
 
 
 
Entreprise A
Entreprise B
1
2
3
1
2
3
CA
1000
1100
1210
1000
1100
1210
CV
600
660
726
300
330
363
CF
300
300
300
630
630
630
RE
100
140
184
70
140
217
Elasticité
 
400%
314%
 
1000%
550%
 
 
L’entreprise B, présente un risque plus important que l’entreprise A.
 
Le calcul de la position par rapport au SRE confirme ces conclusions
 
Position par rapport au seuil de rentabilité
(Niveau d’activité – SRE) /SRE
 
 
Entreprise A
Entreprise B
1
2
3
1
2
3
CA
1000
1100
1210
1000
1100
1210
SRE
750
750
750
900
900
900
Position par rapport au SRE
33%
47%
61%
11%
22%
34%
 
 
Conclusions :
q     L ’entreprise A qui présente, relativement à B, une proportion plus élevée de charges variables et des frais fixes inférieurs, obtient un RE moins sensible aux variations de l’activité et apparaît moins risquée
q     Plus l’entreprise s’éloigne de son SRE, moins l’élasticité est élevée traduisant ainsi la diminution du risque
q     Plus les charges fixes sont élevés, plus le niveau du risque est important       
 
B/ Diagnostic du risque financier
 
Pour ce diagnostic, il suffit de substituer au résultat d’exploitation de la méthode précédente, le résultat courant car ce dernier prend en compte les frais financiers, et d’évaluer une position par rapport au Seuil de Rentabilité Global (SRG).
Le SRG représente le niveau d’activité pour lequel le résultat courant est nul. Il se distingue du SRE car il prend également en compte les frais financiers supposés constituer une charge fixe.
L’incidence de l’endettement sur la position par rapport au SRG confirme le fait que le recours à l’endettement accroît le risque financier.           
Supposant que l’entreprise A finance une partie de son actif économique par un emprunt d’un montant de 1000 au taux de 8%. L’entreprise B se finance intégralement par des fonds propres.
Le tableau suivant donne une estimation du risque financier pour les deux entreprises